Gouvernement du Québec

Premier ministre

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Montréal, le 15 février 2013 Notes pour une allocution de la première ministre du Québec, Mme Pauline Marois, à l'occasion d'un dîner d'affaires organisé par le groupe Les Affaires

La version prononcée fait foi.

Je suis très heureuse d’être avec vous aujourd’hui pour vous parler de la vision d’avenir de notre gouvernement pour l’économie québécoise. Celle-ci repose principalement sur les ressources. Nos ressources naturelles, bien sûr, mais aussi et surtout sur une ressource inépuisable.

Je parle des Québécois eux-mêmes, de leur créativité, de leur sens de l’innovation et de leur goût de l’excellence!

Avant d’élaborer sur cette vision ambitieuse pour notre économie, permettez-moi de revenir très brièvement sur les derniers mois.

Depuis notre élection le 4 septembre dernier, nous avons mis l’accent sur l’intégrité et les finances. Des finances publiques équilibrées, c’est la liberté d’investir dans notre avenir, plutôt que de payer pour le passé. En visant l’excellence financière, le Québec va se donner un avantage comparatif très important. Pendant que nos voisins seront encore en train de réduire leur déficit, nous serons en mesure d’investir dans l’avenir.

Pour le Québec, la rigueur financière, c’est un acte de liberté!

Nous avons également fait de la lutte contre la corruption une priorité. La poursuite de l’excellence, ça vaut aussi pour l’intégrité. Nous voulons que le Québec redevienne un exemple d’intégrité dans le monde. Nous l’avons déjà été et nous allons le redevenir!

Il fallait également que le Québec cesse de miser principalement sur l’investissement public pour stimuler l’économie. En déposant son budget à l’automne, Nicolas Marceau s’est donc donné le mandat d’accélérer la croissance économique en misant sur l’investissement privé.

Jusqu’ici, le Québec s’en sort très bien. Au cours des cinq premiers mois de notre gouvernement, il s’est créé plus de 50 000 emplois, principalement dans le secteur privé.

Il ne s’agit pas de nous en attribuer le mérite. Ce que je veux souligner, c’est que ça témoigne de la confiance des employeurs envers notre économie. Il faut dire que pour accélérer la croissance économique, nous avons posé des gestes importants.

Nous avons créé un congé fiscal de dix ans pour les investissements stratégiques de plus de 300 millions de dollars. Cette mesure va commencer à porter ses fruits au cours des prochains mois.

D’ailleurs, les investisseurs privés que j’ai rencontrés à New York, à Davos et à Londres m’ont assurée de leur intention de consolider et même d’accroître leurs investissements au Québec.

Nous avons également mis en place des leviers importants. Je mentionne quatre fonds d’investissement :

  • pour la Gaspésie;
  • pour la région de l’Amiante;
  • pour les régions affectées par la fermeture de Gentilly;
  • et un dernier fonds de 200 millions de dollars pour le développement d’une industrie des transports propres.

Ces fonds sont des leviers qui permettront d’attirer des investissements privés de plusieurs milliards de dollars. Mais, surtout, ce sont des outils qui sont mis à la disposition de nos entrepreneurs. Ce sont eux qui créent la richesse et les emplois au Québec. Ils peuvent compter sur leur gouvernement.

Ce printemps, nous déposerons le projet de loi créant la Banque de développement économique du Québec. Elle sera présente dans toutes les régions et les entrepreneurs sauront à quelle porte frapper. Nous voulons appuyer les entreprises de chez nous. Aider les petites entreprises à grandir, et les moyennes à devenir les futurs vaisseaux amiraux de notre économie.

Redresser les finances, ramener l’intégrité et miser davantage sur l’investissement privé; ce sont des chantiers que nous devons mener à terme. Mais on doit aussi préparer l’avenir économique du Québec à long terme. Cet avenir repose en grande partie sur la créativité et l’innovation. C’est en misant sur ces forces que le Québec pourra se démarquer dans le monde.

Et nous devons avoir de l’ambition. La mienne, c’est de mettre en place les conditions qui vont permettre au Québec de devenir l’un des endroits les plus prospères des Amériques. Il ne s’agit pas de nous mettre en mode rattrapage par rapport aux autres. Nous devons viser l’excellence.

Ce que je veux, c’est que ce soit les autres qui essaient de rattraper le Québec. Nous en sommes capables.

Dans le passé, nous avons réussi à faire du Québec, et spécialement de Montréal, un des pôles mondiaux de l’industrie aérospatiale. Si quelqu’un avait annoncé cet objectif au départ, il y aurait eu des voix pour ramener cette ambition à la baisse.

Pourtant, nous l’avons fait et nous continuons à appuyer ce fleuron de l’économie québécoise.

Nous avons également réussi à faire du Québec une place forte des sciences de la vie. Ce secteur a connu des difficultés dans les dernières années, mais nous avons agi rapidement.

Le budget a bonifié les crédits d’impôt pour la recherche biopharmaceutique, qui atteignent maintenant 27,5 %. Nous avons aussi créé un fonds d’appariement de 125 millions de dollars pour soutenir les projets de recherche pharmaceutique.

Malgré les dérapages qu’ont connus les projets de mégahôpitaux de Montréal, le CUSM et le CHUM, nous devons nous réjouir de disposer de ces deux formidables outils de recherche. Avec deux grands hôpitaux universitaires, nous avons une base forte pour assurer non seulement la consolidation, mais aussi le développement de ce pôle économique.

Montréal doit plus que jamais s’affirmer comme une métropole nord-américaine des sciences de la vie.

Dans les années 1990, sous l’impulsion de Bernard Landry, le gouvernement du Parti Québécois a mis en place les conditions pour créer, à partir de presque rien, une industrie du multimédia au Québec.

Nous avons réussi : le Québec est devenu un pôle dans la création de jeux vidéo, mais aussi dans une série de domaines de l’économie numérique.

À Londres, j’ai annoncé la venue de l’entreprise Framestore à Montréal, ce qui permettra de créer 200 emplois de plus dans le multimédia. J’ai discuté avec les dirigeants de cette entreprise qui crée des effets spéciaux pour les films à grand budget à Hollywood. Parmi les raisons qui les ont incités à venir s’installer ici, il y avait les programmes du gouvernement, mais surtout la créativité des Québécois dans ce domaine.

Tout ça pour dire que nous sommes capables de créer des pôles économiques. Nous l’avons fait dans le passé. Nous allons le refaire dans l’avenir. Nous continuons à soutenir les secteurs d’excellence. Nous avons aussi l’intention d’en créer de nouveaux en lançant un grand chantier. Un projet qui va mobiliser tout le Québec pour de longues années.

L’électrification de nos transports, c’est ce qui, pour moi, doit devenir le projet du XXIe siècle pour le Québec. Ce chantier offre un potentiel extraordinaire pour tout le Québec.

D’abord, il faut savoir que notre déficit commercial est très élevé. Nous importons du pétrole brut pour une valeur de 30 millions de dollars chaque jour, essentiellement pour nos transports. Cet argent sort du Québec, alors qu’il pourrait être investi chez nous.

Imaginez si, au lieu d’utiliser ce carburant importé, nos transports utilisaient une forme d’énergie propre au Québec : l’électricité. Cela signifie des milliards de dollars de plus investis chez nous, chaque année.

À terme, pour les Québécois, pour nos entreprises, cela signifie des économies très importantes, l’électricité étant bien moins coûteuse que l’essence.

Électrifier nos transports, ça signifie miser sur des entreprises d’ici, qui fabriquent déjà des trains, des métros, des bus ou des batteries pour les véhicules électriques. Ça signifie aussi la création de nouvelles entreprises.

Il nous faudra inventer de nouvelles technologies, innover dans nos façons de faire, dans l’urbanisme, le design, l’énergie.

Électrifier nos transports nous permettra de réduire considérablement nos émissions de gaz à effet de serre, donc la pollution atmosphérique.

Notre qualité de vie en sera améliorée et nos villes gagneront en attractivité. Et puis, vous le savez, le Québec se retrouve aujourd’hui avec des surplus énergétiques importants. Nous pouvons faire de ces surplus un avantage économique. On va les utiliser pour stimuler l’investissement et la création d’emplois dans toutes nos régions.

Nous avons créé un fonds de 200 millions de dollars pour les transports propres. Ce levier financier sera bientôt disponible. La ministre déléguée à la Politique industrielle, Élaine Zakaïb, en a la responsabilité.

Les ministres du Développement durable, des Ressources naturelles, des Transports et des Affaires municipales, le ministre responsable de la Métropole, le ministre des Finances, celui des Sciences et de la Technologie sont également concernés.

En fait, c’est tout le gouvernement que je vais mobiliser au cours des prochains mois.

Plutôt que d’importer du pétrole, nous pourrons exporter notre savoir-faire, nos technologies, notre matériel et nos composantes de transport électrique. On a l’énergie, on a la volonté, on a la vision.

Pour mon gouvernement c’est clair : le projet du XXIe siècle pour le Québec, c’est l’électrification de nos transports.

Évidemment, ça ne se fera pas du jour au lendemain. D’ici là, il faudra bien continuer à utiliser les hydrocarbures.

Aussi, mon gouvernement est déterminé à exploiter le potentiel pétrolier du Québec. Mais nous le ferons correctement, avec les meilleures pratiques environnementales et en respectant les gens. Et, surtout, la production pétrolière devra enrichir tous les Québécois.

En plus du potentiel pétrolier, le Québec dispose d’un très important bassin de ressources naturelles. Nous allons l’exploiter mais, là encore, nous voulons le faire correctement, au bénéfice de tous, y compris des prochaines générations. La nouvelle loi sur les mines et le nouveau régime de redevances seront bientôt présentés.

Outre les ressources, le gouvernement doit agir sur d’autres fronts, en déployant des politiques et des stratégies d’ensemble. Pascal Bérubé, notre ministre délégué au Tourisme, est en train de déployer le Plan de développement de l’industrie touristique du Québec. Cette industrie est très importante pour le Québec, notamment à Montréal. Elle permet l’entrée d’argent neuf dans notre économie. Nous avons un ministre très dynamique et je peux vous assurer que nous allons maximiser notre potentiel touristique.

Le gouvernement est aussi en train de finaliser un plan de développement du commerce extérieur visant à relancer les exportations et à attirer les investissements internationaux. Nous misons sur l’ouverture au commerce. C’est le cas par exemple de l’entente entre le Canada et l’Union européenne, qui nous donnera un plus grand accès à un marché de 500 millions de personnes.

Pour aider nos PME sur les marchés extérieurs, nous mettons à leur disposition les bureaux Expansion Québec. Les entreprises pourront y louer un espace le temps d’explorer de nouveaux marchés et elles pourront faire appel à des spécialistes sur place. Ils sont maintenant à la disposition de nos entreprises. D'ici cinq ans, le Québec ajoutera 15 nouveaux bureaux pour un réseau total de 42.

On veut conquérir le monde.

Nous avons d’ailleurs dans la salle plusieurs de nos délégués du Québec à l’étranger. Je vous invite à les rencontrer : n’hésitez pas à faire appel à eux, ils travaillent pour vous.

On le remarque de plus en plus quand on parcourt le monde : le Québec est associé à la créativité.

Je vous ai parlé de la venue de l’entreprise Framestore à Montréal, une décision qui a beaucoup à voir avec la créativité des Québécois.

Le Cirque du Soleil a un modèle d’affaires fondé sur la créativité.

Nous sommes reconnus pour nos grands festivals, pour nos troupes de danse d’avant garde, pour notre scène musicale, qui trouve écho dans le monde entier.

Nos grandes entreprises aéronautiques – Bombardier, CAE, Pratt & Whitney, Héroux Devtek – font rayonner notre expertise dans le monde entier. Que dire de Moment Factory, qui fait notre fierté à l’échelle de la planète. Il y a aussi Sid Lee qui rayonne de plus en plus. Et cette entreprise québécoise, Beyond the Rack, qui est en voie de devenir un joueur majeur de l’économie d’Internet.

Il faut miser là-dessus. Cette créativité, nous voulons en faire la signature du Québec dans le monde. On veut que les gens de partout associent automatiquement le Québec à la créativité, à l’innovation, à l’invention, à la modernité!

La créativité et l’innovation sont donc au cœur de notre vision économique. C’est la clef de voûte d’une prospérité véritablement durable pour le Québec. Et tout ça repose d’abord et avant tout sur l’éducation.

Ce qui nous amène à l’enseignement supérieur, aux cégeps et aux universités. Là dessus, il ne doit y avoir aucun doute. Je vous le dis et je le dis aussi à tous les Québécois : nos universités sont une de nos plus grandes richesses collectives, un bien précieux que nous devons soutenir.

S’il y a un instrument dans notre histoire qui a permis aux Québécois de se dépasser, c’est l’accès à l’enseignement supérieur. Cette aspiration ne doit pas nous diviser, elle doit nous unir. C’est la raison pour laquelle nous avons ouvert le dialogue et convoqué un sommet.

Bien sûr qu’il y a des débats, en particulier autour de la contribution des étudiants. Mais ce débat sur les droits de scolarité ne doit pas masquer tout le reste. Il y a de grandes questions à propos desquelles il y a un large accord.

Par exemple, que l’enseignement supérieur soit un des moteurs essentiels de notre développement comme société : on s’entend tous là-dessus.

Dans les régions, c’est une évidence palpable. À Rimouski, à Trois-Rivières, à Sherbrooke, en Abitibi ou à Chicoutimi, les universités sont de véritables poumons culturels, économiques et intellectuels. Ces universités sont des joyaux essentiels.

À Québec, l’Université Laval a été au centre d’une diversification qui a permis à la région de développer une économie extrêmement dynamique. Et si Québec est un pôle dans le domaine des assurances, on le doit en bonne partie à l’excellence de son département d’actuariat.

Quant à Montréal, aucune ville canadienne ne décerne autant de diplômes. Nous avons une concentration extraordinaire d’universités et deux grands hôpitaux universitaires.

Je lisais dernièrement qu’une firme britannique avait classé Montréal au 10e rang des meilleures villes universitaires du monde.

C’est en effet le cœur social, économique et culturel de notre métropole. Montréal est l’une des grandes métropoles universitaires du continent. Et je peux vous l’assurer : elle va le demeurer!

Donc, ces institutions qui nous sont indispensables, avec Pierre Duchesne, nous ferons le nécessaire pour qu’elles progressent encore et qu’elles demeurent accessibles pour tous. Ça signifie que nous allons financer nos universités de façon adéquate, durable et prévisible.

Nous pourrions débattre indéfiniment de la hauteur du financement des universités. Je propose plutôt que nous mettions l’accent sur ce qui nous réunit : nous sommes d’accord pour dire que le financement des universités constitue un investissement très rentable pour la nation québécoise. Là-dessus aussi, on s’entend tous!

Je prends un engagement devant vous aujourd’hui : au cours des prochaines années, le gouvernement va réinvestir massivement dans nos universités.

Nous prévoyons une augmentation de 3,3 % en 2014, de 8,5 % en 2015 et ainsi de suite, de sorte qu’en 2018, les subventions du gouvernement aux universités seront plus élevées de 800 millions de dollars par rapport à cette année. C’est 200 millions de dollars de plus que ce qui était prévu par l’ancien gouvernement.

Je le redis et je m’y engage : en 2018, nos universités disposeront de 800 millions de dollars de plus par année.

Je ne peux imaginer un signal plus clair du gouvernement pour illustrer à quel point nous avons à cœur la réussite de nos établissements d’enseignement supérieur.

Du côté des étudiants, nous avons toujours affirmé que nous étions guidés par deux principes :

  • assurer l’accessibilité;
  • et réduire au maximum l’endettement de nos jeunes.

En annulant la hausse exagérée des droits de scolarité – une hausse de 82 % – nous avons atteint une partie de nos objectifs. Le Québec demeurera l’endroit en Amérique du Nord où l’enseignement supérieur est le plus accessible. Nos jeunes vont demeurer les étudiants les moins endettés du continent.

Nous sommes déterminés à augmenter l’accessibilité et à diminuer l’endettement. Les universités, les étudiants et tout le Québec y gagneront.

Plutôt que de chercher ce qui nous divise, travaillons à partir de ce qui nous unit.

Il est temps que chacun fasse des compromis et qu’après le sommet, on passe à une autre étape, qu’on aille de l’avant tous ensemble. Relançons-nous à la poursuite de l’excellence, de la créativité, de l’épanouissement de chacun de nos jeunes.

Des finances équilibrées, un endettement en baisse.

Une hausse significative des investissements privés. L’exploitation responsable de nos ressources naturelles.

Le soutien de nos PME et de nos entrepreneurs dans toutes les régions.

Un grand projet pour le XXIe siècle : celui de l’électrification de nos transports.

Une image de marque dans le monde qui s’appuie sur la créativité.

Et des investissements majeurs dans l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation.

Nous avons une vision très ambitieuse pour le Québec. Nous visons l’excellence dans tous les domaines. Nous voulons que le Québec devienne l’un des endroits les plus prospères des Amériques.

Merci.


Mise en ligne : 18 février 2013


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